[Musique] La CDthèque de Grif : Passage vers l’éternité

Bonjour amis poneys ! Aujourd’hui, je vais vous parler de ce pour quoi j’ai commencé à faire ces articles CDthèques. Attendez-vous à un gros article, vu que je vais parler de deux albums et d’un EP, et bien sûr, ils sont pour moi les meilleurs travaux de ce que je considère comme le meilleur groupe de tous les temps. Alors si vous voulez lire quelque chose de totalement subjectif sur deux albums qui viennent tout droit des années 90, venez après la coupure.

Alors vous allez me demander, quel est donc ce groupe que je vante comme étant le meilleur groupe de tous les temps ? Eh bien, il s’agit d’un groupe de metal (oui, je sais, encore et toujours du metal, mais eh, j’y peux rien si ce style de musique est mon préféré) venant de Suisse, pays pas forcément connoté metal mais les quelques groupes qui viennent de là-bas sont très souvent excellents au point de devenir cultes pour certains (genre Celtic Frost pour ne citer qu’eux). Il s’agit de Samael.

Alors pour faire un rapide historique, le groupe s’est formé en 1987 autour des deux frères Michael et Alexandre Locher (connus sous les noms de scène Vorphalack et Xytraguptor). Après quelques démos, il sortiront trois albums typés black metal de première vague (celui des années 80, assez différent de ce qu’est le black metal tel qu’on le voit communément aujourd’hui) : Worship Him en 1991, Blood Ritual en 1992 et Ceremony of Opposites en 1994. Là où les deux premiers proposaient un black metal primitif et blasphématoire, Ceremony se para d’une ambiance venue d’ailleurs avec l’introduction de claviers majestueux. Et malgré ce début de métamorphose, personne n’aurait pu deviner le choc qu’allait être le quatrième album.

Alors voilà, Passage. Rien que le nom est évocateur des changements opérés par le groupe. Ainsi, Xytra remballe sa batterie pour la remplacer par une boîte à rythme et se concentrer sur ses claviers. Mais ne parlons pas encore de cela pour le moment. La cover de l’album tranche énormément avec les anciennes ; à la place de l’imagerie sombre et satanique, nous avons droit à la Lune.

Quand on lance l’album, celui-ci démarre sur deux tueries : Rain et Shining Kingdom. Les guitares délivrent des riffs martiaux et ultra efficaces, la boite à rythme marche du feu de Dieu et claque bien comme il faut, les claviers véhiculent une ambiance grandiose et enfin, la voix si particulière de Vorphalack ne se fait plus vraiment black mais garde un aspect tranchant qui prend aux tripes.

 

On se remet à peine de la double claque que débarque l’introduction d’Angels Decay, une mélodie au piano magnifiée par une boîte à rythme partant un peu dans tous les sens, donnant une montée en puissance qui se finit sur une arrivée des guitares simplement fabuleuse. Je pourrais continuer à faire du track-by-track pendant des heures tant je trouve chaque morceau unique. Chacun a sa propre spécificité, que ce soit beat electro de The One Who Came Before donnant un rythme frénétique au morceau ou bien le refrain de Born Under Saturn contenant quelques mots chuchotés en français donnant l’impression que Vorph se tient derrière nous pour nous murmurer ses paroles.

Je vais encore m’attarder sur deux morceaux. Le premier est Moonskin, la ballade de l’album, le piano joue de belles mélodies et les guitares, malgré leur tranchant, forment un sublime mur sonore. Mais ce qui est le plus incroyable, c’est la voix si inhumaine de Vorph qui, ici, véhicule énormément d’émotion. Quant au second morceau, il s’agit de la piste finale A Man in Your Head, morceau à l’ambiance oppressante et totalitaire dont les paroles sont une mise en garde… contre le totalitarisme. Je ne l’ai pas précisé, mais le travail d’écriture sur les paroles est très bon. Et bon sang, que le passage où Vorph scande « Ein Volk! Ein Reich! Ein Führer! » pour nous montrer clairement contre qui ils nous mettent en garde est démentiel.

Je finirai rapidement en disant que si vous vous procurez la réédition de l’album datant de 2007, l’EP Exodus (sorti en 1995) est inclus en bonus et propose un excellent prolongement de l’expérience qu’est Passage.

Alors voilà, Passage est un chef-d’œuvre qui, aujourd’hui encore, voit un nombre important de ses musiques jouées en concert par le groupe (et pourtant ils ont une discographie assez fournie avec 10 albums tous assez variés, bientôt 11 vu qu’il vont normalement sortir un album cet année), mais il n’est rien, absolument rien face au monument intemporel qu’ils sortiront 3 ans plus tard.

Si Passage avait une ambiance nocturne vaguement spatiale, Eternal nous offre un ticket pour les confins de l’espace. L’album se veut encore moins metal que Passage ; ici, les guitares, toujours aussi tranchantes et au son très froid, sont noyées par les claviers et autres samples electro.

Et globalement, l’album se veut très froid, presque distant, la boîte à rythme est totalement mécanique, les claviers semblent venir des confins de l’espace et le chant de Vorph, moins dur qu’avant, se retrouve modifié la plupart du temps. Mais cette froideur ne veut pas dire que tout est inhumain sur l’album, au contraire, jamais Samael n’aura donné autant d’émotion que sur cet album. Il n’y a qu’à écouter Together, qui joue sur la dualité avec des couplets presque intimistes qui rendent le refrain encore plus épique et poignant, c’est le genre de refrain qui me fait lever le poing et chanter silencieusement alors que je suis sur ma chaise avec le casque sur les oreilles.

 

Et même si l’album est moins violent que Passage, il compense avec des compositions beaucoup plus rapides (Ailleurs, Ways ou encore I) ou avec des ambiances vraiment travaillées (Nautilus & Zeppelin donnant l’impression de se promener dans une sorte de vaisseau spatial steampunk, ou encore le petit piano jazzy de Being qui dénote complètement avec l’intro assez bourrine du morceau).

Et encore, déjà que tout cela est excellent, l’album est constellé de moments absolument dantesques. Je peux par exemple évoquer Year Zero qui lance l’album en l’envoyant au plus haut parmi les étoiles, ou encore le solo de guitare de Supra Karma, véritable moment de bravoure qui nous secoue et nous met des étoiles dans les yeux.

 

Et des étoiles, on en voit tellement, comme pour Passage, je pourrais m’étaler pendant des heures sur chaque détail. Mais il me faut m’en garder car je veux vraiment que vous alliez écouter l’album en entier, c’est l’une des expériences musicales les plus incroyables que vous vivrez dans votre vie. Et aussi, il est beaucoup plus accessible que Passage, donc si ce dernier ne vous plaît pas, vous pouvez toujours essayer Eternal.

Et dire que l’album est sorti en 1999 et qu’il sonne encore mieux que certains groupes récents officiant aussi dans un mélange de metal et d’electro.

 

Et voilà, ainsi se termine mon avis sur ces deux albums chers à mon cœur. J’espère que vous les apprécierez autant que je les aime et tant que vous y êtes, allez écouter les autres albums de Samael, ils ont tous des choses à vous offrir, de l’ambiance sombre des débuts à l’ultra violence d’Above en passant par l’electro d’Era One, vous en aurez pour votre curiosité.

Sur ce, je vous laisse écouter en paix et je vous dis à une prochaine fois pour d’autres musiques !

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