[L’heure de l’invité] Souvenez-vous… « L’amour et les changelings, une guerre douce-amère » de Plénitude

Faisons donc un retour en arrière. Il y a un peu plus d’un mois de cela, Plénitude nous offrait une belle analyse de la société des changelings. La reine Chrysalis l’a tellement aimée qu’elle a souhaité vous la redonner ce soir !

More below the break :p

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    Pour mon premier article sur Le Poney Blanc, j’aimerais traiter d’un sujet que j’affectionne tout particulièrement, à savoir la nature de certaines races et l’étude des concepts. Ne partez pas tout de suite et laissez moi m’expliquer ! La race des Changelings a toujours été perçue comme une race maléfique, un peuple cruel, égoïste et belliqueux n’ayant comme seule préoccupation que de se nourrir d’une des sources du bonheur des races civilisées, à savoir l’Amour, et comment ne pas être d’accord avec cet état de fait au vu de l’épisode « Canterlot Wedding » et du Comics relatant ce qui s’est passé après cette épisode ? N’est-il pas sensé de penser que cette race est, par sa nature même, ignoble et ne mérite que la haine, la colère et le mépris ?
     Et bien, malgré le fait que ces questions puissent paraître rhétoriques, je dois vous avouer que les Changelings m’inspirent une profonde compassion et une profonde tristesse. Choquant, pensez-vous sans doute mais laissez moi vous montrer en quoi les Changelings méritent autant que les autres races, une forme de bonheur par le don de la compréhension. (Comme je suis grandiloquent, j’ai déjà perdu tout le monde, MOUAHAHAHAHA.)
     Avant toute chose, il faut comprendre ce qu’est un changeling. Maître Starswirl dans ses notes du « Grand Traité de Magie sur la Polymorphie » décrit cette race de la manière suivante : 
« Créatures singulières à la peau chitineuse semblant aussi noire que la suie, elles possèdent des yeux vides et dépourvues de paupières ou d’iris, deux globes bleuâtres rappelant certains insectes comme la mouche. D’ailleurs, la comparaison avec ce nuisible ne s’arrête pas là car leurs ailes translucides, veinées et déchiquetées par endroit ne m’inspirent qu’une forme de dégoût. Autre particularité intrigante, leurs corps semblent troués ici et là sans véritable schéma, comme au hasard, et ne semble servir aucun but, si ce n’est émettre un son sifflant et désagréable à l’oreille lorsque le vent souffle au travers. Ces créatures aux canines effilées semblent n’avoir pour elle que cette capacité merveilleuse de Polymorphie complète de niveau 5 et … »

Ils sont mignons. Dans le genre cafard à quatre pattes.
    Ce que l’on peut retirer de ce passage en quelques mots est que la race des changelings agresse le regard par son manque d’harmonie générale, ses couleurs sombres et son apparente dangerosité voire nuisibilité. Je ne citerai pas à nouveau ici le grand Maître mais il dit plus loin que leur société est divisée en plusieurs classes aux formes diverses et variées, toutes plus laides les unes que les autres. Il faut préciser ici qu’il s’agit de la classe des soldats qui a été décrite dans l’extrait cité plus haut. Que pouvons-nous conclure de cette prime observation dans un contexte général ? C’est très simple. La nature est ainsi faite que le sens le plus fort pour juger ou non de la dangerosité ou non d’un animal, d’une plante ou d’un objet reste la vue. Chez les races « civilisées », la vue et le concept de société sont créateurs du principe de discrimination. Et je ne rentrerai même pas dans les détails de la différence culturelle, du fait que chaque membre d’une classe se ressemble presque trait pour trait à l’exception unique de la reine.
     Il est donc ici raisonnable de penser que l’apparence physique des Changelings les a condamnée à une forme de réclusion si ce n’est d’agression. Après tout, l’horreur qu’impose leur vision peut susciter une volonté primaire de se défendre et d’éliminer la menace. Ils ont l’air dangereux donc « ils le sont » dans la plupart des mentalités et inspire donc au mieux la méfiance au pire la haine. Comportement improbable ? Pégases, Licornes et Poneys terrestres sont certes alliés maintenant et vivent dans une harmonie tout à fait louable autour de leurs points communs et se servant de leurs différences comme d’atouts pour servir la société. Cependant, j’aimerais vous rappeler, à titre d’information, la formation d’Equestria et ses prémisses. Le conflit, le désaccord et l’accusation mutuelle. En cas de danger (la famine en l’occurrence pour Heart’s Warming Eve), les trois races retournent à leurs vieilles querelles s’accusant mutuellement et dans le pire des cas, se faisant la guerre, l’unique chose ayant empêché cela lors de la Période du Grand Froid fut la température, la fatigue et la famine.

Ne sont-ils pas adorables de créer la mort et la destruction par l’instigation de la haine, hein ?
    Ceci étant dit, pensez-vous réellement impensable que la race des Changelings à ses débuts ait été stigmatisée, repoussée jusque dans le vivier à démons connues sous le nom de Tartare ? Ne pensez-vous pas qu’il soit injuste qu’une race entière soit considérée comme « maléfique » par les races « civilisées » parce qu’elle ne leur ressemble pas et apparaît comme dangereuse ?
« Mais Plénitude, imaginons que tu aies raison pendant cinq secondes, les Changelings se nourrissent de notre Amour pour leur survie, n’est-ce pas raisonnable de se dire que c’est la vraie raison de la peur ? »

     C’est un excellent contre-argument. On ne peut pas sauver les Changelings en disant simplement que les autres races sont finalement bourrées de préjugés et promptes à l’extermination. Cependant, l’appellation « maléfique » pour qualifier cette race reste pour moi très étrange. Laissez-moi faire un petit peu de sémantique, histoire de. Je considère que désigner une race par ce terme signifie que la race en question possède la volonté cruelle de nuire en remplissant des désirs et non des besoins. Or, que sait-on des motivations des Changelings ? Ils ont besoin d’amour pour survivre et pour se faire ils se maquillent, se muent en d’autres créatures pour les tromper et absorber l’essence même de leur amour.

    C’est vrai que cela semble horrible et je suis le premier à le reconnaître. Mais sans excuser cette race, il faut cerner ici une notion que je trouve pour ma part triste. La race des Changelings est une race de parasites purs, c’est-à-dire qu’elle ne peut exister qu’en se servant d’autres races « autonomes ». Ces créatures ont été créées avec la particularité de ne pouvoir survivre sans amour, sans quoi elles s’affaiblissent immensément au point de rejoindre les rives de la Mer d’Aether (ils décèdent quoi). C’est un destin cruel de ne pouvoir exister sans être nuisible à quelqu’un d’autre et pour les « civilisées », ils sont pire que des nuisibles et ne méritent pas plus de considération, plus encore si ces créatures se montrent viles, menteuses et agressives. Selon moi, la nature même des Changelings les a fait passé de « nuisibles/parasites » à « menace ».
     A ce stade, vous vous dîtes sans doute que je me contredis puisque je soutiens que les Changelings ne sont pas « maléfiques » parce qu’ils font ce qu’ils font pour survivre mais d’un autre côté, je dis qu’ils sont prêts à tromper, mentir et asservir voire tuer par ingestion pour pouvoir rester puissant et ne pas risquer la mort. Ces parasites se nourrissant de notre amour au point de nous faire devenir des coquilles vides incapables de mouvements (cf Shining Armor dans l’épisode l’introduisant) ne méritent finalement aucune compassion au vue de ce qu’ils sont devenus, n’est-ce pas ? Et bien, permettez que j’explique pourquoi je ressens toujours de la compassion et de la tristesse pour cette race.
    Ce qui cause cette lutte entre pégases, licornes, poneys terrestres et changelings ne réside finalement que dans une chose très simple et très complexe à la fois: le concept d’Amour (il vous a manqué celui-là hein ? Il s’rait temps que j’en cause un ch’tio peu.)

Because Cadence.

    Pour le trio d’Equestria (pégase/licorne/poney), c’est un sentiment merveilleux qui permet les plus belles romances, qui offre force, courage et compréhension de l’autre et qui permet de lutter contre n’importe quelle épreuve. Il est également la source d’un bonheur sans commune mesure mais également de doutes, de remise en question, de chagrins et de peines. L’amour est un sentiment fantastique capable des plus belles choses comme des plus terribles mais au bout du compte, il nous fait nous sentir en vie. Il nous aide à trouver la vie splendide, remplit de couleurs le gris du monde et de sons la monotonie du silence. Malgré le fait que je parle majoritairement de l’amour romantique, l’amour connait bien des formes et des réceptacles mais sert toujours ce même but de donner de la joie et du contentement. Nous n’avons pas besoin d’amour pour survivre mais nous en avons besoin pour vivre. En Equestria, il est également l’une des nombreuses sources d’Harmonie Magiques à l’instar de l’Amitié. Cadence (et oui, je l’écris avec un E et pas un A et je ne me justifierais que devant mon avocat ou ceux que ça intéresse.)   En revanche, les Changelings considèrent l’amour comme un simple carburant et rien de plus, une forme d’énergie que seuls eux, les changelings, peuvent absorber pour devenir plus fort. Une forme de « mana » propre à leur race mais rien de plus. 
    Cette différence est essentielle car elle explique parfaitement le comportement de la reine Chrysalis à la fin du finale de la saison 2. Elle n’a aucune raison de savoir que Cadence peut réellement sauver Shining Armor de son sort de contrôle par un sentiment vide de sens pour elle. Essentielle, disais-je, car c’est cette différence conceptuelle qui fait que les races « civilisées » et les changelings ne se comprennent pas et se combattent. La race polymorphe prend par la force ce dont elle a besoin pour survivre et n’a jamais pensé à une alternative car, oui, je considère une alternative possible. Un peu utopique mais possible. Si les quatre races arrivaient à une compréhension mutuelle chacun pourraient apporter à l’autre quelque chose. Suis-je idiot en imaginant de multiples villages où Changelings et poneys vivraient en harmonie et où, sous une forme agréable à l’oeil (le coeur et les préjugés sont sensibles à l’apparence, ne nous y trompons pas), les Changelings pourraient se nourrir raisonnablement de l’amour de leurs âmes soeurs s’ils devaient en trouver et finalement finiraient par générer d’eux-même de l’amour. Et oui, selon quelle règle a-t-il été dit que les Changelings ne ressentaient pas d’émotions ? Ils peuvent ressentir l’exultation, l’agacement, la colère, la satisfaction (cf les expressions des changelings et de Chrysalis dans A Canterlot Wedding) alors pourquoi les pendants « bénéfiques » comme l’amour leurs seraient impossibles ?

Général, nous allons aimer les changelings. PREPARE TO FIRE ! (Et oui, j’aime abuser de memes)
     En conclusion, je considère qu’en cette occasion particulière, en ce jour de l’Amour, il est de mise d’avoir une pensée pour une race que le destin, cruel joueur, aura construit comme une armée insectoïde repoussante et menaçante alors qu’en réalité, il ne s’agit que d’équidés cherchant une façon de survivre et qui ont été corrompus par le choix le plus facile : obtenir ce dont ils ont besoin par la force du nombre et la tromperie. Cette race pour ce qu’elle est mérite ma compassion et ma compréhension et même si rien n’excuse leur comportement cruel, j’estime que s’interroger sur l’origine de cette cruauté est un minimum afin de ne pas haïr aveuglément. Après tout, si l’Amitié est magique, l’Amour est miracle et la compréhension est un baume.
Sur ce,
Plénitude.
PS : J’ai essayé d’être le plus exhaustif possible mais je risque d’avoir oublié un tas d’arguments.

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