[Infos] Traduction française exclusive de l’article de Playboy sur le milieu brony

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Non, vous ne rêvez pas, Playboy, le populaire magasine de charme américain (mais qui est à présent aussi tourné vers des articles sur la masculinité, la mode ou encore la culture) a publié il y a un mois un article sur le milieu brony à la suite de l’investigation d’un de ses rédacteurs, Zaron Burnett III, à BABSCon : celui-ci, tout d’abord plein de préjugés, a pu y découvrir réellement ce qu’était notre chère communauté…

Comme je sais que pas mal d’entre vous ont du mal avec la langue de Lauren Faust, voici une traduction complète de l’article de Playboy faite par mes soins avec l’aimable autorisation que je viens de recevoir de son auteur. Toutes les images utilisées sont celles de l’article d’origine et appartiennent entièrement à Playboy.

What the Hell is a Brony? (Traduction française par CMC3BFF)

Attention ! Langage contenant certains propos grossiers utilisé !

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[…] Il y a trente bronies rassemblés devant les portes du hall de la convention et ils sont en train d’entourer un mec qui fait de la guitare acoustique. Ils chantent tous des chansons de la série cartoonesque My Little Pony: Frienship Is Magic. Quelques gars lisent les paroles depuis leurs téléphones, mais la plupart les connaissent par cœur. Cela a eu lieu spontanément. Il n’y a pas d’autres mots pour le dire : il se passe un truc totalement dingue et anormal ici… […]

Les bronies peuvent être résumés en une phrase : ce sont des adultes qui aiment un dessin animé pour petites filles à propos des aventures d’un groupe de poneys magiques.

C’est le week-end de Pâques et je suis à l’hôtel de l’aéroport de San Francisco, ayant pour objectif d’aller à la deuxième édition annuelle de la Bay Area Brony Spectacular Convention, aussi appelée BABScon. Je n’ai aucune idée de ce que je vais voir. Mais je veux le voir de mes propres yeux. Je dois savoir : qu’est-ce que les bronies ont trouvé dans Mon Petit Poney que nous autres avons loupé ?


En grandissant, nombre de mes amis étaient geeks, nerds, gamers – le genre de gars qui achète des shurikens. Je jouais à Donjons et Dragons avec des figurines en métal miniaturisées. Je jouais à des jeux de plateau que mes amis avaient inventés. Je n’en suis peut-être pas un, mais je sais reconnaître un geek quand j’en vois un. Les bronies le sont et forment une réelle et puissante sous-culture geek. Malgré tout, c’en est une totalement différente de ce que j’ai pu voir par le passé.

Ma petite sœur s’amusait à jouer avec des figurines de poneys. Elle adorait coiffer leur queue multicolore. Mais les bronies ne jouent pas avec (sauf exception). Ces mecs s’identifient avec leurs poneys. Je suis sérieux, mais vous et moi savons que c’est super rigolo de savoir qu’il y a des adultes qui veulent se rassembler, se faire tout joli en s’habillant en rose et se pavaner en cosplay de ponettes. Cela n’aide pas trop leur réputation que la série soit appelée Friendship Is Magic. Avant que vous rigoliez, cette série vient juste de commencer sa cinquième saison. C’est un gros succès. Et tout cela grâce aux bronies.

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Deux bronies offrent des câlins gratuits, mais la keytar reste silencieuse…

La première chose qui m’a frappé à BABSCON était que les bronies ont le fandom le plus hardcore depuis les trekkies (fans de Star Trek). La grosse différence est que les bronies sont beaucoup plus amicaux. Beaucoup sont souriants. C’est rare dans le milieu geek. Aussi, comme j’ai pu l’apprendre plus tard, un de leurs personnages nommé Discord est très similaire au personnage de Q dans Star Trek: The Next Generation. Si vous vous demandez si c’est un hommage intentionnel, sachez que les deux personnages sont joués par le même acteur : John de Lancie. La créatrice de la dernière génération de My Little Pony, Lauren Faust, a créé un univers où les fans peuvent laisser libre cours à leur imagination. Elle est connue pour avoir contribué à la série à succès Les Super-Nanas en tant que scénariste et réalisatrice. Elle connaît donc son job.

Passant à côté des stands des vendeurs, ce qui m’impressionne le plus est que les bronies ont créé un empire-fandom qui complète totalement et enrichit l’œuvre de Faust. L’art du fan-made en est devenu inséparable. Et la plupart des créations sont incroyables. Il y a une parodie faite par des fans appelée Friendship is Witchcraft qui est tellement bien faite qu’il est presque impossible de la distinguer de l’original.

Pour contenter ses fans, Hasbro, le fabricant de jouets qui paye la production de la série officielle, est entré dans une relation assez compliquée avec ses fans dans laquelle il garde une certaine tolérance vis-à-vis de l’utilisation par les fans de sa propriété intellectuelle. C’est une bonne initiative de leur part.

Pour le moment, Hasbro autorise les artistes présents à ce type de convention à se faire de l’argent. Et cela semble aussi bien aider Hasbro à se faire de la publicité et à augmenter leurs revenus financiers. De plus, pourquoi voudriez-vous énerver des gens qui aiment vos produits ?

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Les œuvres de fans et marchandises en tous genres sont nombreuses


Faisant la queue pour la conférence « My Little Pony et le Symbolisme dans le Tarot », je vois un mec portant des ailes, une perruque bicolore violette et lavande, le tout dans un costume totalement violet. Après l’exposé sur le tarot, je vais le voir alors qu’il s’apprête à sortir de la convention. Il me dit qu’il s’appelle Frank.

« Depuis quand êtes-vous dans le fandom de My Little Pony ?

– Cela doit faire un an et demi, dit Frank, calmement.

– Avez-vous été dans d’autres fandoms avant celui-ci ? »

Son ami prend la parole, pensant pouvoir mieux répondre à ma question. Il s’incruste donc dans la conversation : « Cela ressemble au fandom des animés japonais et celui du furry,  mais combinés de façon nouvelle. »

Son nom est Dave. Je demande à Frank et à Dave comment leur vie a changé depuis qu’ils ont découvert My Little Pony. Dave me parle avec la confiance d’un métalleux timide.

« J’étais assez, enfin j’étais quelqu’un d’amical, mais je courais le risque de devenir seul et reclus. Et puis j’ai découvert le fandom et j’ai commencé à aller à des meet-ups et à rencontrer des gens. Je suis devenu encore plus amical », me dit-il avec la fierté de quelqu’un qui a résolu ses problèmes personnels. « Il y a deux conventions principales auxquelles je vais, celle-ci et celle de Baltimore. je paye 1000 dollars pour mon ticket là-bas. (NDT : c’est le ticket Gold qui donne de nombreux avantages)

– Oh put**n. Tu es venu en avion ici, d’où ? » La surprise se ressent dans ma voix.

Dave me dit qu’ils sont tous les deux dans la marine et stationnés à Virginia Beach. Ils se sont rencontrés sur un groupe Facebook pour bronies dans l’armée. Quand je leur demande le nom du groupe, ils refusent de me répondre.

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Frank et Dave

« N’y a-t-il pas des gens qui se moquent de vous pour être aussi sincère avec votre amour pour un dessin animé pour les petites filles et de vos cosplays de poneys ? » Pendant qu’ils se remémorent les moments où les gens se sont foutus de leur gueule, j’ai le sentiment d’avoir été un trou du cul pour avoir posé cette question. S’ensuit un silence pesant.

Dave dit, avec un touche de tristesse : « Honnêtement, les gens se moquent beaucoup de nous à l’extérieur. »

Je me reprends : « Eh bien mec, je suis super impressionné par la sincérité et l’intégrité des gens ici. C’est super cool. Le monde brony est comme celui du punk-rock mais avec des poneys roses. »

Frank et Dave hochent la tête et rigolent tous deux légèrement.

Alors que je m’éloigne, je pense à l’état d’esprit que j’avais en allant à la BronyCon, préparé à me moquer de ces mecs et de leurs mignons petits poneys. Je suis l’un de ceux qui pourraient se foutre de leur gueule si nous étions à l’extérieur de la convention.


Marchant parmi les bronies, j’aperçois une tatoueuse avec une coiffure mohawk bleue. Elle ressemble aux gens de mon milieu. Comme tous ceux à qui j’allais parler les deux jours prochains, Kelley la tatoueuse et le mec au visage amical dont l’épaule est en train d’être tatouée, sont là pour s’amuser.

Kelley s’occupe de mettre de la couleur sur la tatouage du mec. Elle bouge rarement les yeux autre part que sur le travail qu’elle est en train d’accomplir. Lorsqu’elle nettoie le sang, je lui demande combien de tatouages elle a fait.

« Au moins une douzaine. Hier, j’ai fait la cutie mark de Rainbow Dash mais avec des couleurs rastas (rouge, jaune et vert). C’était super. », me dit-elle.

Une cutie mark est le symbole qu’un poney a sur son flanc. C’est comme une tache de naissance, mais en plus magique. Avoir la cutie mark de son personnage préféré est un tatouage populaire chez les bronies.

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Chris et Kelly la tatoueuse

« Aimez-vous cette sous-culture poney ? », je demande alors à Kelly, attendant une réponse sarcastique. Mais elle me surprend par son sérieux :

« Yep, j’étais une fan de la première génération quand j’étais gosse. Puis j’ai trouvé les bronies en, disons, 2011. Au début, j’étais du style “Qu’est-ce que c’est que ce bordel ?” Je ne comprenais pas vraiment, je trouvais cela assez chelou. » Elle nettoie ensuite la coulée de sang descendant du bras du mec.

« Donc qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis sur les bronies ? », je demande alors.

« Je pense que c’est tout l’aspect, comment dire, avec tous ces mecs de mon âge aimant un truc pour gamines. Ensuite, j’ai commencé à regarder des épisodes de Friendship Is Magic et j’étais genre “Oh punaise ! C’est trop bien !”. Tout est cool : les personnages, l’histoire… Ça me rappelait beaucoup les poneys avec lesquels j’ai grandi, aventureux, fun, et un peu dingues. Et puis j’ai compris. Tout le côté aventure de la chose m’a fait kiffer. J’ai adoré qu’ils aient réinventé la série. Kelley lève les yeux de son travail, nettoie un peu de sang et me sourit.


 

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Défilé de mode à la BABSCon

Il y a une partie de la vie qui manque dans cette convention : le sexe. Bon, c’est logique, c’est une convention sur un dessin animé de gosses. Mais il existe quand même du sexe dans le fandom. C’est appelé « clop » (voir la règle 34 d’Internet). Si vous voulez lire des trucs à propos de petits poneys en train de baiser, c’est trouvable. Mais dans cette convention, je ne vois que très peu de poneys sexy. Je trouve cependant certaines femmes en cosplay super bonnes, mais c’est juste parce que je suis un gros obsédé et pas parce qu’elles essayent d’être sexy. Il y a un presque un côté pré-pubère, dénué d’attitude sexuelle dans toute cette ambiance « l’amitié c’est trop bien » inspirée de leurs poneys préférés. Presque.

Je remarque l’un des organisateurs de la convention : un jeune homme portant un costume-cravate. Ses joues sont assez roses. Il a l’air d’un Témoin de Jéhovah. Il me serre la main.

« Sérieux mec, tu portes un costume-cravate ici. On dirait que tu es en pleine journée de boulot. Pourquoi donc es-tu brony ? » Je pose la question espérant que cela ne sonnera pas comme insultant.

Il sourit. On lui a déjà posé la question des milliers de fois auparavant.

« Ce fandom a l’interactivité la plus puissante pouvant exister entre ses différents membres. Il y a quelque chose de plus que dans les autres fandoms. Il est né avec Internet. Ce fandom est un fandom amélioré grâce aux nouvelles technologies. Des musiques sont composées. De l’art est créé. Des animations rivalisant avec la qualité du show sont faites. C’est vraiment à propos de la création de contenu. Je suis aussi le directeur associé de Ponyville Live. Nous sommes un réseau de médias poney. Nous avons des stations de radio Internet diffusant de la musique uniquement basée sur des créations du fandom, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.

J’en tombe des nues : « Il y a assez de musiques pour que vous puissiez vous permettre de ne jouer que des morceaux à propos de poneys toute la journée ?! »

Pendant une seconde, cela m’a paru totalement irréalisable. Puis je me suis rappelé qu’il y a des tonnes de radios satellites diffusant des choses autour d’un seul et même sujet 24h/24. La musique poney me paraît même un meilleur choix que de subir des musiques de polka 24h/24. Autant de polka, c’est suffisant pour rendre un homme violent envers les Polonais.

Je lui demande, remarquant sa bague de mariage : « Comment votre vie a changé depuis que vous êtes devenu brony ?

– Oh, mec. Je me retrouve avec moins de temps libre. Pour beaucoup de gens, moi inclus, être un brony… vous rend souvent un peu marginal socialement. Assurément, ce fandom prend beaucoup de temps. Mais je continue à avoir un vrai travail. J’ai acheté une maison. Je me suis marié (je me suis fiancé lors d’une convention brony). J’ai fait une deuxième fête de mariage pour mes amis bronies à une convention sur nos poneys magiques. » Il rigole de lui-même.

« Est-ce que votre femme est brony aussi ?

– Elle est… disons qu’elle est tolérante » Il rigole. « Elle, euh… préfère plutôt Harry Potter que My Little Pony. Mais elle est très compréhensive pour tout ce que je fais.

– Il semble que vous êtes serein avec votre féminité. Est-ce que j’ai raison ?

– Dans ma maison (ma maison est assez rose actuellement), j’ai beaucoup de produits dérivés et de trucs de fans. Cela me permet-il d’être en accord avec ma féminité ? Absolument. Il y a beaucoup de gens ici qui ne se sentent pas forcément confortables avec leur féminité, ou carrément avec eux-mêmes. Le propos de cette série est d’accepter ce qui vous rend unique, et comment cela peut vous rendre plus fort d’être ensemble. Ces gens ne se plient pas aux stéréotypes. Je pense que cela n’est pas seulement bon pour eux, ou pour le fandom, mais pour tout le monde. »

Il espère que je vais m’amuser durant le reste de la convention et me dit que des groupes de musiques vont jouer un peu plus tard. Je me retrouve donc à écouter ce que ça donne. L’un ressemble fortement à Blink-182, ce que je trouve super cool. En ce moment même, il y a quelque part en Amérique des gosses dans un garage qui font du pop-punk à propos de poneys.

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Voici à quoi ressemble un groupe de pop punk brony

Pour beaucoup de fans et de vendeurs, il semble que la moitié du fun réside en la chance de sortir avec vos amis poneys IRL. Un rire léger est audible en arrière-plan où que vous soyez. De la même manière que les hipsters font des brunchs pour se réunir et s’éloigner de leurs laptops pour quelques heures, les geeks vont à des conventions. Il y a des salles et des salles remplies de mecs jouant à des jeux de plateaux, des mash-up My Little Pony/Street Fighter (NDT : cela doit être Fighting Is Magic) et sur des tapis se blottissent ensemble des bronies pour se montrer des vidéos depuis leurs iPods et téléphones. Des rires où que vous soyez…

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C’est donc vrai : l’amitié, c’est magique.

Je fais une petite promenade à travers les stands de vendeurs. Toutes les créations de fans sont incroyables. Il y a des œuvres en bois gravées au laser, des poneys faits main, des chapeaux-peluches, de grosses ailes de pégase et bien sûr des queues de poneys. Il y a des stands plein d’objets collectors.

Je prends une pause en allant parler à un vendeur, un artiste numérique appelé Dan. Je pointe du doigt l’un de ses posters.

« Je n’arrête pas de voir “Love and Tolerate” dans plein de dessins. Est-ce que c’est ça l’esprit de la culture brony ? » J’essaye de cacher mon cynisme.

« En fait, “Love and Tolerate” est quelque chose qui a été inventé par les fans en tant que blague. Les gens qui l’utilisent le font souvent en tant que bouclier pour cacher de plus mauvaises choses. J’ai tendance à avoir un point de vue assez trouble sur certains aspects du fandom »

J’attendais cela, que quelqu’un me montre le côté obscur d’humanité secrètement caché derrière toutes ces peluches roses et violettes. « Est-ce que c’est un risque que vous courez d’être dans une communauté si fermée que vous devez tolérer des choses avec lesquelles vous n’êtes pas d’accord ?

– Pour répondre à votre question : est-ce que le fandom pourrait mieux s’autogérer ? Oui. Mais je pense que tout peut toujours mieux se gérer. D’autre part, il y a beaucoup de gens ici qui sont de bonnes personnes, essayant juste de faire de leur mieux. Si cette convention permet à quelqu’un d’un peu anti-social de s’ouvrir un petit peu et de devenir meilleur, alors cela ne me dérange pas. »

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Certaines œuvres de Dan

La maturité de Dan se révèle lorsqu’il préfère faire des critiques sur lui plutôt qu’aux autres. J’aime beaucoup son caractère. C’est une qualité admirable. Il a l’air d’être un bon gars, donc je lui pose des questions à propos des femmes.

« Est-ce que vous appréciez la chance que vous avez de pouvoir vous identifier à un personnage féminin et à votre féminité en général ? Disons que, montrer un côté féminin n’est pas quelque chose que les hommes américains ont la chance de faire souvent.

– J’ai toujours apprécié les personnages des Super Nanas. J’adorais Jem quand j’étais gamin, me dit-il. Le problème est que… la société voit souvent le côté féminin comme “l’autre côté”, le mauvais, ou pire encore. En tant qu’homme, j’ai certainement été influencé par cette vision des choses. Si vous m’aviez interrogé il y a 10 ou 15 ans, j’aurais probablement eu des opinions très négatives sur ce genre de fandom et la féminité. Mon point du vue a changé au fil des ans lorsque j’ai rencontré plein de gens supers. J’ai appris à m’ouvrir l’esprit, non seulement à propos des femmes, mais aussi sur les personnes gays, trans, tout ce que vous n’avez pas la chance de reconnaître à sa juste valeur lorsque vous grandissez dans une communauté isolée. Ce fandom améliore les gens. »

Les mots de Dan me restent en tête alors que je commence à me diriger vers la deuxième salle de vendeurs.


Lorsque j’aperçois une femme qui ressemble à l’équivalent humain d’un câlin, je souris et m’approche d’elle. Je suis super curieux de savoir ce qu’une femme pense de tout cela. Donc, je demande à la vendeuse nommée Mari son opinion. Comme toutes les réponses que j’ai eues, celle-ci me surprend.

« Grâce à My Little Pony, j’ai rencontré cette meilleure amie que l’on peut voir dans les cartoons Disney et les films. J’ai toujours pensé quand j’étais enfant “J’aimerais tellement avoir un ami comme cela. Mais c’est un truc que Disney a inventé, ça n’existe pas en vrai…” Et grâce à My Little Pony, j’ai rencontré cette fille et j’étais genre “Oh mon dieu, tu es la meilleure amie que j’attendais depuis tellement de temps ! Nous allons être super bien ensemble” et elle a tellement fait pour moi, m’aider dans mon divorce, dans mon business, m’aider à reprendre confiance en moi. Et je l’ai aidée aussi. On fait tout ce qu’on peut ensemble pour s’aider mutuellement. Tout cela grâce à My Little Pony. »

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Mari

Je demande à Mari combien de temps elle a mis pour venir ici. « Je suis venue ici depuis Colombus, dans l’Ohio. 36 heures en tout. À peu près 3000 miles (NDT : environ 5000 kilomètres). Et je viens ici sans avoir l’argent pour repartir, dit-elle avec un air fier.

– Sérieusement ?

– Oui, je compte sur mon stand pour me faire assez d’argent pour repartir chez moi. »

Je secoue la tête, impressionné par ce comportement intrépide.

« Est-ce que les femmes peuvent être bronies ? Vous considérez-vous comme telle ?

– Oui.

– Qu’est-ce qui vous fait dire cela ?

– Je trouve cela intrigant que certains bronies puissent péter un câble quand quelqu’un leur dit un truc du genre : “Oh, c’est pour les filles”. Parce que en tant que fille, j’ai entendu toute ma vie lorsque je voulais jouer avec des figurines Cosmocats, Tortues Ninja ou X-men, “Ça, c’est pour les garçons. Tu n’as pas le droit de jouer avec ça. Quel genre de fille es-tu ?” Maintenant, c’est aux garçons de subir ce que les filles ont subi durant des décennies.

– Est-ce que les gens se moquent de vous, des bronies et de la communauté poney dans l’Ohio ? »

Mari rigole, puis devient pensive : « J’ai vécu dans des régions rurales de l’Ohio, là où c’est très religieux, de droite, les hommes toujours sur le devant, agissant de telle manière et les femmes doivent agir conformément aux règles sociales implicites là-bas. Les homosexuels sont très mal vus. Donc imaginez qu’ils découvrent les bronies. Ils vont me dire un truc du genre “Tu sais qu’ils sont tous secrètement gays ? Tous. Il y a quelque chose de pas normal avec ces gens.” Mais je dirai “Non, vous avez tout faux, vous faites des préjugés sur des gens que vous n’avez jamais vus.”.

– Je dois vous confesser quelque chose, vous autres bronies n’êtes pas du tout ce à quoi je m’attendais avant de venir ici. »

Elle sourit comme un rayon de soleil. « Quand j’étais à Baltimore, l’année dernière à la BronyCon, le syndicat de professionnels qui s’occupait d’apporter et rapporter le matériel nous a réunis dans une salle, dit-elle. Ils voulaient que l’on paye 80 dollars chacun pour qu’ils amènent nos voitures ou camions à l’entrée et rangent le tout. Tous les participants se sont fait passer le message, sont venus dans les halls des vendeurs et ont dit “OK, on s’occupe de porter le tout dans les voitures. Où est la vôtre ?” Il y avait une quinzaine de volontaires qui s’occupaient de tout porter et ranger mes affaires dans ma voiture stationnée deux pâtés de maisons plus loin. Comment voulez-vous donc que je ne m’identifie pas avec les bronies ? Tu ne peux pas aller voir des visiteurs comme ça en demandant de l’aide. Sauf justement dans une convention brony, où les visiteurs vont répondre “Bien sûr, que voulez-vous ?”. »

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« Les bronies ont de l’amour pour everypony ! »


J’ai conduit environ 400 miles (NDT : 650 km) pour venir ici me marrer à propos de « gens qui aiment des trucs de fillettes ». L’idée qu’un homme puisse aimer des trucs de ce genre était totalement loufoque et rigolote pour moi. Mes ces mecs sont des braves. Ils font ce qu’ils ont envie de faire. Et tant pis pour ce que vous pouvez penser. De plus, qu’est-ce qui fait exactement qu’une chose est « pour les filles » ? Ces hommes qui aiment jouer ensemble comme des fillettes ont l’air des mecs les plus heureux de la planète.

Laissez faire les geeks pour ce qui est de découvrir la manière de devenir de meilleurs hommes en explorant leur féminité. Ils ont hacké le code de la masculinité. Et maintenant ils sont en train de le réécrire. Les bronies sont la face cachée de la culture geek, l’opposé du sexisme irrespectueux souvent montré. Tandis que certains gamers se sentent oppressés par les femmes rentrant dans leur espace, les bronies en sont inspirés… Ils utilisent un cartoon pour les petites filles pour apprendre comment fabriquer une communauté ensemble. Ce sont de bonnes personnes essayant de s’améliorer et aimer des poneys semble les y aider.

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Selfie général lors de la cérémonie de fermeture

Pendant la cérémonie de fermeture, le public chante d’un coup « Fun! Fun! Fun! » et cela suffit à faire disparaître tout mon cynisme. Les bronies ont gagné. Alors que je m’apprête à sortir de la convention, j’ai l’impression d’être le trou du cul le plus heureux du monde.

Plus tard, alors que je conduis vers le sud sur l’autoroute I-5, j’ai un regret : je n’ai pas acheté le chapeau-peluche bleu clair avec la crinière bleu foncé qui ressemblait à une tête de poney. Ça avait l’air fun. Mais je sais que je ne suis pas un brony. Juste un mec qu’ils ont aidé à devenir un peu moins trou du cul.



Par Zaron Burnett III pour Playboy, tous les droits leurs sont réservés. Traduction française exclusive avec autorisation de l’auteur par CMC3BFF pour Le Poney Blanc.

5 réflexions au sujet de « [Infos] Traduction française exclusive de l’article de Playboy sur le milieu brony »

  1. RegalBlade

    Merci pour la traduction, je savais qu’il s’agissait d’un très bon article 🙂
    J’avais essayer de le lire avec google translate la première fois, mais cela était affreux après 2 paragraphes x)
    En tout cas,, j’en profite, je le partage sur mon facebook , merci encore :p

    Répondre
    1. CMC3BFF Auteur de l’article

      De rien, si mes connaissances linguistiques peuvent aider des gens de la communauté alors ça me fait grandement plaisir 🙂

  2. lebronyreveur

    Tout d’abord merci pour la traduction. 😉 Ensuite je trouve cette article très touchant sur la fin. Cette homme est venus la tête pleines de préjugés. A la fin il ressort plus éclairé et moi stupide qu’au départ. 😛 J’ai toujours aimé l’idée que notre communauté réécrivait le code de la masculinité. C’est une grande fierté pour moi de voir que notre simple existence est une baffe au sexisme et au préjugés en générale. 😀

    Répondre
    1. Gossoul

      Excellent article ^^ , j’apprécie que le gars ait eu un bon regard critique a propos du fandom. Comme quoi, il ne faut pas seulement regarder les apparences, mais voir au-delà de ces derniers. 🙂

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