[Critique] Critique du premier volume des comics d’Urban Comics par Cyril

Voici une critique envoyée par un lecteur sur le premier volume des comics My Little Pony en version française. Si vous avez des articles et voulez être publié, n’hésitez pas à nous les envoyer surtout ! La critique, après la pause !

La troisième fois semble être la bonne : après deux éditions des premiers comics tirés de « My Little Pony : Friendship is Magic », Urban Comics semble enfin décidé à publier la série de façon régulière et dans un format identique, puisque 4 tomes sont déjà sortis à ce jour et qu’un cinquième est prévu pour le 16 mars 2018.

Le format est celui de la collection Urban Kids, qui regroupe déjà (entre autres) les comics tirés des dessins animés DC de Bruce Timm. Il est donc moins grand que celui des éditions précédentes mais, en contrepartie, plus souple et il y a plus de pages, le tout pour 14 euros, ce qui constitue un prix très honnête. Accessoirement, les nombreuses fautes de français de la première édition ont été corrigées – hélas, « library » est toujours traduit par « librairie » et non par « bibliothèque ».

Le volume comporte quelques bonus plus ou moins intéressants : des fiches consacrées aux personnages qui n’apprennent pas grand-chose pour les Mane 6 ou les Cutie Mark Crusaders (CMC) mais qui comportent 2 anecdotes intéressantes pour la reine Chrysalis, ainsi que les couvertures alternatives des différents comics. La traduction est effectuée par Sibylline Desmazières, qui a fait un excellent travail pour retranscrire le ton mordant de certains dialogues de Katie Cook. On regrettera en revanche que les auteurs soient présentés de façon globale, sans que ne soit précisé qui a réalisé quel chapitre.

Ce volume comporte donc 8 numéros de comics. Tous se déroulent entre les saisons 2 et 3 de la série, ce qui signifie que Twilight n’est pas encore une alicorne et que les CMC sont toujours à la recherche de leurs marques de beauté – et prêtes à tout pour cela. Il y a une histoire complète, Le retour de la reine Chrysalis, ainsi que 4 chapitres consacrés à 4 des héroïnes de la série.

« Le retour de la reine Chrysalis » constitue indéniablement le gros morceau de ce volume, s’étalant sur 4 chapitres et 128 pages. Et un point d’entrée parfait pour les comics de My Little Pony puisque réalisé par l’excellent duo Katie Cook (pour le scénario) et Andy Price (pour les dessins), une fois qu’on s’est fait aux dessins moins « mignons » que dans le dessin animé.

L’histoire est assez simple : vaincue à la fin de la saison 2, Chrysalis veut prendre sa revanche et s’attaque à Twilight. Pour cela, elle commence par remplacer les habitants de Ponyville par ses Changelins puis, devant l’échec de sa manœuvre déjouée par Twilight et ses amies, décide de prendre en otage les 3 CMC – ce qu’elle va d’ailleurs très vite regretter. S’ensuit pour nos six poneys un long voyage vers le repaire de la reine démoniaque afin de libérer les 3 pouliches.

La lecture de cette histoire est un régal : concernant la trame, on est dans du classique avec une quête, divers obstacles, des amitiés remises en cause puis renouées et enfin un combat et une victoire finale contre la grande méchante. Mais tout le sel de ce type de récit vient de la façon dont il est réalisé et c’est là que le duo Cook-Price fait merveille.

Graphiquement, d’abord, le style de Price est très efficace : son côté plus sombre est impressionnant lors de certaines scènes mais elle donne surtout des têtes particulièrement déjantées à ses personnages, ce qui lui permet de les rendre très expressifs et souvent très drôles. Et le dessin regorge de petits détails très drôles que l’on n’aperçoit pas au premier abord, un peu à la manière d’Eiichiro Oda avec One piece ou de Don Rosa dans La jeunesse de Picsou. On pourra ainsi citer la façon dont Derpy est piégée par les changelins. A côté de cela, certains passages sont épiques, comme la pleine page dans laquelle Twilight et Chrysalis s’affrontent.

Ces dessins s’accordent à merveille avec les dialogues et le scénario de Cook. Celui-ci comporte de nombreuses références, celles aux films de zombies au début ou au Seigneur des Anneaux, avec la traversée de la montagne, étant les plus évidentes. Mais il plaît surtout grâce à son humour, marqué par des échanges très sarcastiques entre les personnages : toutes les pages durant lesquelles Chrysalis supporte – de plus en plus difficilement – les obsessions des CMC sont un régal. Nos six héroïnes ne sont pas non plus en reste et ont leur lot de dialogues hilarants. Cette combinaison parfaite fait merveille?

À côté de cette histoire principale, nous avons donc 4 chapitres consacrés successivement à Twilight Sparkle, Rainbow Dash, Rarity et Fluttershy. Sans être exceptionnels, les deux premiers se laissent lire agréablement : le lecteur appréciera ainsi la ténacité et le sens de l’observation de Twilight qui doit aider une bibliothécaire misanthrope ou la ténacité de Rainbow Dash face à un nuage maléfique.

L’histoire consacrée à Fluttershy, desssinée par Tony Fleecs et scénarisée par Barbara Kesel, est un cran au-dessus : la timidité de Fluttershy et ses tentatives pour la dépasser par l’art sont touchantes face au snobisme de la haute société de Canterlot. Et certains dessins comme la dernière page sont vraiment très jolis.

Ceci dit, la meilleure histoire, et de très loin, est celle consacrée à Rarity. On n’en sera pas étonné puisque le duo Cook-Price est aux commandes. On commence par deux excellentes couvertures de Tony Fleecs, l’une parodiant un célèbre conte d’Andersen, l’autre reprenant le ton très… particulier de cette histoire.

Tout débute de façon classique : Rarity a réussi un défilé mais est fatiguée. Pour lui permettre de se relaxer, Applejack lui offre une semaine dans un centre de bien-être naturel. Mais cette semaine ne sera pas de tout repos puisque Rarity se retrouve en fait dans une ferme dénuée de tout confort, à devoir exécuter différents travaux salissants.

Cette histoire pourrait être baptisée « Rarity chez les hippies » : par leurs valeurs, par leurs design, par leur mode de vie, par leurs façons de parler (« Groovy ! Maintenant, allons traire des vaches ! Ça sera genre… hydratant et ça magnifiera ton esprit » dit par exemple Flax), les personnages font bien entendu irrésistiblement penser au Flower Power et à ces communautés. Les mises en case et en page soulignent aussi cette ambiance, avec de nombreuses couleurs psychédéliques.

Et bien entendu, cela ne plaît guère à Rarity, stupéfaite – et quelque peu contrariée, dirons-nous avec un certain sens de l’euphémisme – par ce séjour. Les auteurs s’en donnent à cœur joie avec les têtes de leur héroïne, notamment quand elle doit se réveiller aux aurores, lorsqu’elle doit participer aux travaux de la ferme ou avec ses réparties cassantes, particulièrement face à un bellâtre incapable de parler d’autre chose que de soja. Ce qui ne l’empêche pas, comme à son habitude, de faire preuve d’une grande générosité en s’apercevant des efforts de ses hôtes et du fait qu’ils en sont bien mal récompensés. Tout sera donc bien qui finira bien, pour le personnage comme pour le lecteur qui devra seulement se remettre de ses nombreux fous rire.

Ce premier tome nous permet donc de découvrir des histoires de très bonne qualité, même si les meilleures sont clairement dues à un seul duo d’auteurs. Les comics de My Little Pony ont donc un bon potentiel. La suite nous montrera comment il est exploité.

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À propos Doktor

Doktor est un fan de Doctor Who et de dessins animés en tout genre et peut entretenir des très longues discussions sur des sujets allant de l’évolution du flipper à la côte des mangas rares en passant par d’autres billevesées.

Doktor se promène en région parisienne et se trouve normalement à toutes conventions dans des cosplays aussi improbables que ridicules.

Doktor est à moitié fou, à moitié chaotique et à moitié inoffensif et est normalement étudiant quand il n’est pas rédacteur.

Attention, consulter un psychiatre avant d’utiliser Doktor. Les effets secondaires possibles de Doktor sont la nausée, la rupture d’anévrisme, l’addiction, le cancer de la flèche, l’alcoolisme, la fascination plus ou moindre morbide, l’envie de manger des gâteaux et une certaine tendance à se mettre à réfléchir aux problèmes de la vie.

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